Et si on essayait la démarche gouvernance cellulaire?

Au coeur d’un Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée, la coopération devient une aventure partagée.

IL ÉTAIT UNE FOIS

Quand Valentin devient directeur d’une Entreprise à But d’Emploi (EBE), il cherche une manière claire et explicite d’organiser le travail collectif. Son amie et ancienne collègue Maylis, coach, lui fait découvrir la Démarche Gouvernance Cellulaire (DGC). Ce qui l’attire ? La possibilité d’écrire son propre mode de gouvernance, sans modèle imposé, en clarifiant les rôles et le pouvoir.

ENJEUX ET AMBITION

Pour Castilab, l’EBE en construction, c’est vital car il faut rassembler des personnes très différentes, souvent fragilisées dans leurs parcours professionnels et leur donner un cadre ajusté pour coopérer. L’ambition rejoint les principes fondateurs de l’expérimentation Territoires zéro chômeur longue durée : « Ce n’est pas l’argent qui manque, ce n’est pas l’emploi qui manque, personne n’est inemployable. »

CONVICTION ET ENGAGEMENT

Convaincu que la DGC peut conjuguer efficacité et humanité, Valentin, demande à Maylis un accompagnement en mode coaching. Ensemble, ils avancent pas à pas : clarification des rôles, équilibre entre opérationnel et humain. Maylis, elle-même supervisée par Rose, enrichit la démarche d’outils relationnels inspirés de la non-violence active, qui seront ensuite intégrés dans la version 2025 de la DGC.

GÉNÉRALISATION

Très vite les salariés expriment le besoin d’apprendre à coopérer. Une formation sur mesure est construite pour soixante personnes, alternant plénières et travaux en sousgroupes à partir de situations réelles. Le résultat est double : une meilleure compréhension du fonctionnement collectif et l’élaboration d’outils qui deviendront la culture propre de Castilab.

CUSTOMISATION

Ces outils portent des noms simples et parlants : Râleries, Liste de courses, Circuit des demandes et services, Frigo, Essai-apprentissage, Marcher-parler, Double consigne. Ils transforment les tensions en apprentissages, permettent de décider ensemble des actions à mener et de clarifier les rôles. Exemple marquant : la gestion des retards, transformée en règle collective inscrite dans le « frigo », grâce à un processus de demande et d’essai.

EXPÉRIMENTATION RÉUSSIE

Les retours d’expérience après expérimentation confirment la pertinence de la démarche : efficacité accrue, relations humaines apaisées, intégration facilitée des nouveaux. L’équipe souhaite désormais consolider ces pratiques en les systématisant avec l’appui de sa hiérarchie. Au-delà de Castilab, cette aventure illustre la force de la DGC : permettre à chaque EBE de construire sa gouvernance à partir de ceux qui la font vivre et démontrer que vraiment, personne n’est inemployable.

Rose Christin et Maylis De Almeida